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René Descartes

* Rédigez entièrement une explication de texte philosophique sur le texte suivant :   Penser, c'est dire non. Remarquez que le signe du oui est d'un homme qui s'endort ; au contraire le réveil secoue la tête et dit non. Non à quoi ? Au monde, au tyran, au prêcheur ? Ce n'est que l'apparence. En tous ces cas-là, c'est à elle-même que la pensée dit non. Elle rompt l'heureux acquiescement. Elle se sépare d'elle-même. Elle combat contre elle-même. Il n'y a pas au monde d'autre combat. Ce qui fait que le monde me trompe par ses perspectives, ses brouillards, ses chocs détournés, c'est que je consens, c'est que je ne cherche pas autre chose. Et ce qui fait que le tyran est maître de moi, c'est que je respecte au lieu d'examiner. Même une doctrine vraie, elle tombe au faux par cette somnolence. C'est par croire que les hommes sont esclaves. Réfléchir, c'est nier ce que l'on croit. Qui croit ne sait même plus ce qu'il croit. Qui se contente de sa pensée ne pense plus rien. ALAIN

Penser, c'est dire non. Cette phrase, prononcée par Alain, soulève une question essentielle sur la nature de la pensée elle-même. En effet, lorsque nous pensons, nous nions quelque chose, nous rejetons une certaine affirmation pour en accepter une autre. Ce processus de négation est fondamental dans le développement de la pensée critiq; il nous permet de remettre en question nos croyances, nos certitudes et nos préjugés. En disant non, nous refusons de nous laisser bercer par la facilité de l'acquiescement, de l'acceptation passive de ce qui nous est présenté. Nous nous éveillons à la réalité, nous engageons dans un combat contre nous-mêmes, contre nos propres limites et nos propres illusions. Le réveil secoue la tête et dit non, non à la complaisance, non à l'ignorance, non à la soumission. Mais à quoi disons-nous non lorsque nous pensons ? Est-ce au monde extérieur, au tyran qui nous opprime, au prêcheur qui tente de nous convaincre ? En réalité, c'est à nous-mêmes que nous disons non. Nous refusons de nous contenter de nos pensées toutes faites, de nos opinions toutes faites, de nos certitudes toutes faites. Nous nous élevons au-dessus de nous-mêmes, nous nous libérons de nos propres chaînes mentales. C'est là le véritable combat, la lutte contre la paresse intellectuelle, la complaisance dans la pensée convenue. Le monde nous trompe, nous leurre, nous aveugle par ses apparences, ses illusions, ses mirages. Mais c'est nous qui consentons à être trompés, à être dupés. Par notre passivité, notre indifférence, notre manque de lucidité, nous devenons les esclaves de nos propres illusions. Même une doctrine vraie peut devenir fausse si nous l'acceptons sans réfléchir, sans remettre en question ses fondements, ses présupposés. Croire, c'est s'aveugler, c'est se priver de la capacité de penser par soi-même, de remettre en question, de douter. Ainsi, pour penser vraiment, pour accéder à la vérité, il faut apprendre à dire non, à nier ce que l'on croit, à remettre en question nos propres convictions. Se contenter de sa pensée, c'est renoncer à la pensée elle-même, c'est se condamner à l'immobilisme intellectuel, à la passivité mentale. Réfléchir, c'est s'engager dans une démarche de remise en question perpétuelle, d'exploration constante, de recherche inlassable de la vérité. Pensons, donc, disons non, éveillons-nous à la pensée critique, libérons-nous de nos propres illusions, combattons la somnolence de l'esprit.